Comment continuer les betteraves



Dans l’année Corona 2020, tout est un peu différent. Les visites d’essais de Strube n’ont pas eu lieu comme d’habitude, mais pratiquement sous forme de live-stream. La deuxième partie s’est tenue le mercredi 18 novembre sous la forme d’une table ronde avec des représentants de l’industrie de la betterave sucrière.

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Résumé de la discussion d’experts.

Ronald Fischer de Strube Semences, Basile Cornamusaz du Centre Betteravier Suisse, Julia Bommer de Stähler et l’agriculteur Matthieu Gudit sous la direction de Jonathan Heyer de l’Institut agricole de Grangeneuve ont discuté. Ils ont regardé en arrière sur l’année de la betterave 2020, parlé de la protection des plantes, de la sélection et bien sûr de la décision actuelle de l’OFAG contre l’approbation d’urgence de l’agent d’enrobage Gaucho.

Les nouvelles maladies migrent actuellement en Suisse principalement de l’ouest et entraînent des pertes de rendement massives dans les zones touchées. Basile Cornamusaz conseiller technique du CBS pour la Suisse romande précise que le SBR a surgi déjà en 2017 quand on avait encore le Gaucho. Alors il n’avait pas d’effet sur la citadelle, vecteur de la bactériose. Cependant la jaunisse viral portée par les pucerons est apparue pour la première fois cette année. Ce virus a pu infecter les betteraves à cause de la suppression définitive du produit cité.

Pour décrire l’effet des deux maladies c’est assez difficile. C’est connu que le dégât du jaunissement viral se manifeste dans une diminution du rendement de la racine, explique Cornamusaz. « La perte du poids se trouve plein dans la fourchette de 30 à 50 pour cent du rendement des racines, comme c’est décrit dans la littérature.

Le SBR cependant, qui opère en Suisse depuis trois ans, réduit la teneur en sucre de 2 à 5 pour cent. Si les deux maladies surviennent ensemble, c’est dévastateur.» L’exemple donné par Ronald Fischer pour une commune du canton de Vaud est triste bilan : «Les agriculteurs d’Oulens ont récolté en moyenne 30 t / ha de betteraves avec une teneur en sucre de 14 pour cent.»

Pour Mathieu Gudit, betteravier en dessus de Yvonand dans le Jura-Nord Vaudois, le remplacement du Gaucho par deux nouveaux produits ne représentent qu’une petite solution. Ses champs aussi étaient fortement touché par l’attaque des altises et des pucerons même si ses pertes n’étaient pas aussi graves que dans la pleine, il ne sait pas encore, comment il va pouvoir produire des betteraves l’année prochaine. Etant responsable de culture pour un groupement de voisins, il cherche à produire des rendements élevés pour atteindre des résultats financiers intéressants.

Leçons prises au cours des 2 dernières années

Il est clair depuis mi-novembre que le gaucho restera interdit en Suisse (communiqué de presse de la FSB). «Il faut 720 jours pour que l’ingrédient actif se décompose. C’est long », dit Jonathan Heyer. «Il est également toxique pour les abeilles.» Dans l’UE, 12 pays sur 19 ont à nouveau approuvé le gaucho comme une urgence, mais limité à un maximum de trois ans et avec des exigences élevées. Ronald Fischer cite le cas: « En Belgique, seuls 20% des producteurs utilisent du gaucho avec ces exigences. » Strube est en train de renforcer ses capacités en recherche et développement afin de contrer les défis de la sélection..

Le fait est que l’on a été surpris par les effets des graines sans gaucho, mais que l’on a déjà beaucoup appris. Il est donc très important d’éviter les morsures des altises que les betteraves soient parfaitement semées. «Suffisamment profond et suffisamment recompactées», dit Jenni. Alors ils lèvent rapidement et dépassent les altises. S’il y a une forte infestation, les altises peuvent être traités aux pyréthrinoïdes après obtention d’un permis spécial. L’inconvénient de cette pulvérisation est que les organismes utiles sont également tués. Selon Julia Bommer, Stähler a pu prouver lors de tests que le kaolin d’argile (produit Surround) a un bon effet contre la 1ère génération de pucerons.

Nouveaux produits contre les pucerons

Le problème suivant dans l’année de la betterave après les altises sont les pucerons. Ils transmettent et distribuent les virus du jaunissement. Le puceron vert ailé, qui hiverne à l’âge adulte et commence à transmettre les virus qu’il a chargés à l’automne, est particulièrement dangereux. Les pucerons noirs ont propagé ensuite le virus plus loin dans le champ. Cornamusaz rappelle : « le défi de la lutte contre les pucerons est de trouver le bon moment pour traiter, car le vol dure plusieurs semaines.»

Les produits Gazelle et Movento sont désormais approuvés pour la lutte contre les pucerons dans les betteraves. «Ils sont distribués dans la plante et agissent comme un poison de contact et d’ingestion», explique Julia Bommer. « L’effet dure environ deux semaines. » Selon Jenni, Movento peut être utilisé deux fois et Gazelle une fois. « Nous sommes en train de mettre en place un service d’alerte afin de pouvoir recommander des traitements ciblés et régionaux. »

Pour freiner la bactérie responsable de la maladie SBR, la variété Rhinema (Hilleshög) est partiellement tolérante. Parcontre, il n’y a pas d’agents chimiques contre la cicadelle des roseaux, qui transmet la bactérie .

Jonathan Heyer veut savoir de Strube combien de temps il faudra pour qu’il y ait des variétés tolérantes au jaunissement viral. Fischer: «Malheureusement, cela prend un temps relativement long. Il existe cinq virus différents qui peuvent provoquer le jaunissement et la sélection n’en est qu’au début, car elle a également été surprise par l’interdiction des gauchos. »De plus, le jaunissement viral n’est pas le seul problème.

«Aujourd’hui, une variété doit être multi-tolérante à la cercosporiose, la rhizomanie, les nématodes et nouvellement aussi au virus du jaunissement. Et finalement, cette variété future doit offrir des rendements attractifs. C’est visiblement très complexe pour la sélection de jongler entre ces besoins. « 

Un climat comme il était dans le sud de la France

Avec le réchauffement climatique, l’infestation fongique des betteraves augmente également. «Le climat du lac Léman correspond aujourd’hui au climat d’il y a 30 ans dans le sud de la France», explique Jenni. Dans le même temps, le champignon de la Cercosporiose est devenu plus résistant et donc plus agressif. Le Centre Betteravier testera donc les variétés sans utiliser de fongicides à l’avenir. «Les sélectionneurs doivent nous fournir des variétés résistantes aux champignons.»

Selon Stähler, les fabricants de pesticides recherchent également de nouveaux produits contre la Cercosporiose . Ce sont souvent des fongicides connus pour les céréales qui sont testés. Le problème est que la betterave sucrière n’est pas une culture importante dans le monde en termes de superficie.

En plus des insecticides et des fongicides, la gamme des herbicides classiques pour betteraves se rétrécit également. « Pourquoi Strube ne compte-t-il pas également sur les betteraves tolérantes aux sulfonylurées? », Demande le modérateur Heyer. «Conviso est sans aucun doute un sytème intéressante que notre concurrent a mise sur le marché», déclare Ronald Fischer. «Mais nous ne pensons pas que ce soit une solution durable à long terme. Les betteraves montées sont un gros problème et la formation de résistance est très probable.»

Strube poursuit la stratégie de contrer cela avec le développement d’un sytème de culture durable de la betterave. «Nous avons conclu entre autre une coopération avec la société française Naïo-technologies pour développer des dispositifs de binage contrôlés par caméra qui reconnaissent les betteraves à tous les stades.»

La betterave du futur

En effet, des solutions durables en agriculture sont de plus en plus demandées par la société et la politique, et les agriculteurs s’y adaptent également. Matthieu Gudit pense que le laps de temps de huit ans pour attendre aux variétés tolérantes au jaunissement sont trop longues. Selon lui, les gens ayant perdu trois années de suite de l’argent vont abandonner d’ici là. Lui-même se donne encore deux à quatre ans. « Le signal d’alarme a été tiré, » résume-t-il.

Basile Cornamusaz souhaite la multi-tolérance à 90 tonnes/ha et 18% de sucre ». Quand il voit le progrès dans la sélection de tolérance à cercosporiose, il est confiant pour pouvoir combattre les nouveaux défis aussi. Julia Bommer soupçonne que la culture de la betterave deviendra encore plus complexe. «Vous devez regarder attentivement et utiliser les ressources dont vous disposez de manière ciblée.»

Pour Ronald Fischer, une chose est claire: «Des solutions provenant de la sélection, des conseils et de la politique sont nécessaires. Mais vous, les agriculteurs, vous êtes également nécessaires. Restez fidèles aux betteraves, même si vous avez vécu une mauvaise année ou deux. Au pire des cas, réduisez une partie de votre surface, mais n’arrêtez pas entièrement. C’est pour le sauvetage de la culture betteravière en Suisse. « 


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